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La dialectique est généralement présentée comme la pensée logique des contradictions, elles-mêmes moteur des transformations. Formalisée par le philosophe Hegel :

La dialectique est donc cette pensée logique qui ne se satisfait pas de proscrire les contradictions, ce qui n'a jamais empêché que s'en manifestent d'effectives, mais s'emploie à traiter ces dernières aux fins de les résoudre. Et comment résout-on – dialectiquement – une contradiction effective ? En osant d'abord, passant outre à l'interdit de la logique formelle, penser l'unité des contraires 1) .

Ce faisant « la dialectique assume en son entier l'exigence de non-contradiction formelle ». En en reprenant les principales catégories, Marx a transformé (en l'utilisant dans Le Capital mais sans l'exposer formellement) la dialectique idéaliste de Hegel, qui faisait découler la réalité de l'Idée, en dialectique matérialiste qui recherche ces contradictions comme moteur des processus de transformation réels, qu'ils soient historiques (matérialisme historique) ou naturels (dialectique de la nature). La profonde méconnaissance de la dialectique (matérialiste ou Hégelienne d'ailleurs), liée à l'absence de son enseignement dans les cursus de philosophie, en font un sujet relativement difficile à appréhender, et ces quelques lignes sont donc notoirement insuffisantes pour qui découvre ces concepts. (On pourra utilement se référer aux ouvrages cités de Lucien Sève).

Bien que ces idées aient été fortement décriées, un certain nombre de travaux ont contribué à les enrichir ce qui justifierait de ne pas utiliser ce terme au singulier mais à parler plutôt des dialectiques matérialistes. Je m'en suis abstenue dans cet ouvrage pour ne pas alourdir.

1)
Lucien Sève, Janine Guespin-Michel, Roland Charlionet, Philippe Gascuel, François Gaudin, José Gayoso, Camille Ripoll, Émergence, complexité et dialectique, Odile Jacob, 2005, ISBN : 978-2-738116-26-0, page 88